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Quels bénéfices le MBTI apporte-t-il en team building ?

Le MBTI · · 4 min

Langage commun, répartition des rôles, réunions mieux conduites : ce que le MBTI apporte à une équipe, et les précautions à prendre avant un atelier.

Une salle de séminaire vide, tables et chaises alignées

En team building, le MBTI sert à une chose précise : donner à une équipe un langage commun pour parler de ses différences de fonctionnement sans les vivre comme des fautes. Il ne rend pas les gens plus sympathiques et ne supprime pas les désaccords de fond. Il rend discutable ce qui restait implicite — le rythme de décision, le besoin de préparation, la façon d’annoncer une mauvaise nouvelle.

Le MBTI en team building : ce qu’il permet vraiment

Le Myers-Briggs Type Indicator a été mis au point dans les années 1940 par Katharine Cook Briggs et sa fille Isabel Briggs Myers, à partir des types psychologiques de Carl Gustav Jung. Il situe chacun sur quatre dimensions, chacune formée de deux pôles :

  • Extraversion (E) ou Introversion (I) : où l’on puise son énergie ;
  • Sensation (S) ou Intuition (N) : le type d’information que l’on remarque en premier ;
  • Pensée (T) ou Sentiment (F) : ce sur quoi l’on s’appuie pour décider ;
  • Jugement (J) ou Perception (P) : le besoin de cadrer ou de garder ouvert.

Dans une équipe, ces quatre axes suffisent à expliquer une grande partie des agacements ordinaires. La personne qui préfère l’introversion ne « ne participe pas » : elle a besoin de formuler intérieurement avant de parler, et un ordre du jour envoyé la veille change radicalement sa contribution. Celle qui préfère l’extraversion ne « monopolise pas la parole » : elle pense à voix haute, et l’écrit lui coûte davantage. Nommer cette différence désamorce un reproche que l’on croyait fondé sur le sérieux ou l’implication.

Le même raisonnement vaut pour les autres axes. Un profil orienté Sensation demandera les chiffres et les précédents ; un profil Intuition partira de l’idée générale et trouvera la discussion enlisée. Un profil Jugement voudra une décision en fin de réunion ; un profil Perception voudra encore une semaine de collecte. Aucun n’a tort, et c’est le message central d’un atelier réussi.

Les bénéfices du MBTI en team building

Le premier bénéfice est la répartition des rôles. Quand une équipe connaît ses préférences, elle peut confier les travaux de fond à ceux qui s’y trouvent à l’aise et l’animation d’un atelier à ceux que l’interaction stimule — sans en faire une assignation définitive, car une préférence n’est pas une compétence et chacun doit aussi travailler ses zones d’effort.

Le deuxième bénéfice est la conduite des réunions. Beaucoup d’équipes tirent d’une demi-journée de MBTI trois ou quatre règles simples : envoyer les documents à l’avance, faire un tour de table écrit avant la discussion ouverte, annoncer si l’on cherche une décision ou des idées. Ces règles paraissent banales ; leur adoption tient au fait que le groupe les a formulées lui-même, à partir de sa propre composition.

Le troisième bénéfice concerne les tensions récurrentes. Attribuer un désaccord à une différence de préférence plutôt qu’à un défaut de caractère permet de rouvrir un sujet bloqué. On passe de « il est brouillon » à « nous ne cadrons pas au même moment », ce qui appelle une solution plutôt qu’un arbitrage.

Le quatrième bénéfice est la lecture des équilibres collectifs. Une équipe où presque tout le monde partage les mêmes préférences décide vite et voit les mêmes angles morts. Ce constat, posé sans jugement, vaut souvent mieux qu’un long diagnostic. Un accompagnement d’équipe peut ensuite s’appuyer dessus pour travailler ce qui manque.

Le rôle du MBTI dans le déroulé d’un atelier

Un atelier utile suit à peu près toujours la même trame. Chaque participant passe le questionnaire en amont, puis reçoit son résultat lors d’une restitution individuelle ou en groupe, animée par un praticien certifié. Le type calculé y est présenté comme une hypothèse : chacun lit les descriptions et retient celle dans laquelle il se reconnaît, quitte à corriger une lettre.

Vient ensuite le temps collectif. On visualise la composition de l’équipe sur les quatre axes, on repère les préférences majoritaires et celles qui ne sont représentées que par une ou deux personnes, et l’on travaille sur des situations réelles : une réunion qui s’éternise, un projet où l’information circule mal. Le partage des types se fait sur la base du volontariat — personne ne doit être tenu de révéler son résultat.

L’atelier se termine par des engagements concrets. Sans cette dernière étape, la journée reste un moment agréable sans effet le lundi suivant. C’est là que se joue la différence entre une animation et un vrai travail d’équipe.

Le MBTI en team building : les précautions à prendre

L’outil a des limites qu’il vaut mieux annoncer dès l’ouverture de l’atelier. Le résultat n’est pas parfaitement stable d’une passation à l’autre, surtout lorsque la personne se situe près du seuil sur une dimension ; les limites du questionnaire méritent d’être exposées honnêtement plutôt que découvertes ensuite.

Trois règles protègent l’exercice. Les résultats appartiennent aux personnes : ils ne remontent ni au dossier RH, ni à l’évaluation annuelle. Le type ne sert jamais à justifier un comportement — « je suis comme ça » n’est pas un argument. Et il ne fonde aucune décision d’affectation ou de promotion, ce que les règles d’usage de l’éditeur excluent expressément.

Reste la question du choix de l’outil. Le MBTI suppose un praticien certifié et un budget correspondant ; d’autres modèles répondent au même besoin avec une logistique plus légère, comme le montre notre article sur le team building avec le DISC. Le point commun à tous ces dispositifs est ailleurs : c’est la qualité de l’animation et le suivi dans les semaines qui suivent qui déterminent ce qu’il en restera, bien plus que le modèle retenu.